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*   La pratique est un processus de déception perpétuelle.

A l’origine de nos problèmes humains, il y a le désir. Pas tous les
désirs cependant. Il y a deux sortes de désirs : les exigences – « Je dois
avoir ça » - et les préférences. Les préférences ne présentent pas de
risque : on peut en avoir tant qu’on veut.
Le désir qui exige satisfaction, c’est lui le problème. C’est comme si on
avait tout le temps soif et que pour étancher cette soif on attache un tuyau
au robinet sur le mur de la vie. Et nous continuons à croire que grâce à ça
ou au robinet nous aurons toujours l’eau dont nous avons besoin.
A quels types de robinet essayons-nous de nous attacher pour
étancher notre soif ?
Pour l’un c’est peut-être le travail qu’il croit devoir obtenir. Pour l’autre,
c’est peut-être « le bon compagnon », ou bien « un enfant qui se conduit
comme il faut »….
Quand on abandonne toutes ces attentes, il se passe quelque chose
d’étrange.
Nous apercevons alors un autre robinet qui jusque là était resté
invisible. Nous y attachons notre tuyau et découvrons avec bonheur que l’eau
jaillit tant et plus. Nous pensons : « ça y est ! je l’ai eu, je l’ai eu ! » Et
qu’arrive-t-il ? une fois de plus l’eau se tarit. Nous avons transporté nos
exigences au coeur même de la pratique et une fois de plus nous nous
retrouvons assoiffés. La pratique est un processus de déception perpétuelle.
Il faut savoir que tout ce que nous demandons (et même si nous
l’obtenons) peut nous décevoir. Pour nous cette découverte tient lieu de
maître.

Charlotte Joko BECK



posté le 11 / NOVEMBRE / 2017 *précédent suivant*

Dernière mise-à-jour le 24 / FÉVRIER / 2018

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