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*   Revenir à la fraîcheur de l’instant présent.

L’ouverture vient de l’aptitude à bien connaître ses peurs et non de l’aptitude à leur résister.

            La méditation apprend d’abord au pratiquant à voir ce qui se passe. Même si on continue à s’enfuir et à se complaire, on se rend compte de son manège clairement. On reconnaît ses aversions et ses appétits insatiables. Avec l’attention comme méthode, ce qui se passe pique notre curiosité. Dans la mesure où l’on consent à voir nettement sa façon de se complaire ou de tout réprimer, ses aversions et ses appétits commencent à perdre de leur emprise. Ce qui ne veut pas dire que tout disparaît, mais qu’on fait place à une perspective plus vaste, plus généreuse.

            Pour rester au milieu entre la complaisance et le refoulement, il faut prendre acte de tout ce qui surgit sans porter de jugements, laisser les pensées se dissiper d’elles-mêmes, pour ensuite revenir à l’ouverture de l’instant présent. C’est en réalité ce qu’on fait lorsqu’on médite. Toutes ces pensées pleuvent, mais au lieu de les faire taire ou d’en faire une obsession, on les reconnaît et on les laisse s’en aller. Puis on revient à l’action d’être ici, tout bêtement.

            Après un moment, c’est ainsi qu’on entre en relation avec l’espoir et la peur dans la vie de tous les jours. Comme par miracle, on cesse de lutter et on se détend. On voit son petit scénario et on l’abandonne pour revenir à la fraîcheur de l’instant présent.


Pema CHÖDRÖN, Bien-être et incertitude



posté le 23 / FÉVRIER / 2016 *précédent suivant*

Dernière mise-à-jour le 18 / JUIN / 2018

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