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*   Démonter les barrières qu’on dresse entre soi-même et le monde

Les idées fixes qu’on se fait sur soi-même, cet être solide séparé des uns et des autres, créent des limites douloureuses. Se prendre au sérieux à ce point, se croire aussi absurdement important, pose un problème. La suffisance se compare à une prison où l’on s’enferme, qui se limite au monde de ce qu’on aime et de ce qu’on déteste. Soi-même et son monde commence à être d’un ennui mortel. Au bout du compte on est très mécontent. Deux possibilités sont offertes : on décide que tout est certain et réel, ou on s’abstient de le faire. On accepte sa version fixe de la réalité, ou on commence à la remettre en question. S’entraîner à demeurer ouvert et curieux de tout – s’entrainer à démonter les barrières qu’on dresse entre soi-même et le monde – reste la meilleure façon d’employer sa vie d’être humain. Dit en termes on ne peut plus courants, le non-moi est une identité souple, qui se manifeste par la curiosité, la capacité de s’adapter, l’humour et une sorte d’espièglerie. C’est la capacité qu’ont les êtres de se détendre sans savoir, sans tout comprendre, sans être le moins du monde certains de la personne qu’ils sont, ni de quiconque d’ailleurs. Chaque moment est unique, inconnu, totalement frais. Pour une guerrière qui fait son apprentissage, le non-moi est une source de joie et non de peur.

Pema CHÖDRÖN, Bien-être et incertitude



posté le 15 / FÉVRIER / 2016 *précédent suivant*

Dernière mise-à-jour le 20 / OCTOBRE / 2018

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