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*   Accepter de changer comme le temps

Rien n’est essentiellement d’une manière ou d’une autre. Nous changeons nous aussi comme le temps. L’être humain monte et descend comme la marée, il croît et décroît comme la lune. Il ne voit pas que, comme le temps, il est fluide et non solide. C’est pourquoi il souffre. Résister à la vie crée de la souffrance. La tradition nous apprend que la cause de la souffrance est la tendance à s’accrocher à sa vision étroite des choses, c’est-à-dire que nous sommes accros au MOI. On ne peut pas accepter de changer comme le temps, d’avoir la même énergie que tout ce qui vit. Quand on résiste, on se braque. On se fait vraiment solides. Cette résistance s’appelle le MOI.

            La souffrance cesse quand on arrête de maintenir l’énorme MOI à tout prix. C’est ce que l’on pratique dans la méditation. Quand on ne s’agrippe plus à ses pensées ni à son scénario, on reste assis tout bonnement avec la qualité et l’énergie du « temps » particulier auquel on s’est évertué à résister.

            Si on apprend à s’asseoir, immobile comme la montagne au milieu de l’ouragan, sans se protéger contre la vérité, la vivacité et l’immédiateté de celui ou celle qui fait simplement partie de la vie, on n’est alors plus cet être distinct pour qui les choses doivent se dérouler selon ses désirs.

            Quand nous arrêtons de résister et que nous laissons le temps qu’il fait nous imprégner, nous pouvons alors vivre à fond. Il n’en tient qu’à nous.


Pema CHÖDRÖN, Bien-être et incertitude



posté le 04 / FÉVRIER / 2016 *précédent suivant*

Dernière mise-à-jour le 18 / JUIN / 2018

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