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*   Rien n’est solide

S’éloigner de son expérience, s’éloigner du moment présent au moyen de toutes ses habitudes et stratégies ne fait qu’augmenter la nervosité, l’insatisfaction et le malheur. Habiter son expérience – qu’il s’agisse de s’ouvrir à une expérience d’amour ou de compassion ou de se refermer dans un moment de ressentiment ou de séparation – donne un immense sentiment de liberté : rien n’est solide. Il y a quelque chose dans ce « rien n’est solide » qui commence à correspondre à la liberté. On découvre qu’il est préférable de se sentir pleinement présent à sa vie que de déraper en s’évertuant à tout rendre solide et sûr. On voit bien que d’entrer en rapport avec son expérience en acceptant d’y faire face est plus sain que de lui résister en déguerpissant. Etre présent, même si ça fait mal, c’est mieux que d’éviter les choses. A mesure qu’on s’exerce ainsi à entrer dans le moment présent, l’inexistence d’un terrain ferme devient plus familière, cet état de fraîcheur toujours à notre disposition. Prendre ses distances par rapport au confort et à la sécurité, sauter dans l’inconnu, le non-balisé, l’ébranlement, c’est ce qui s’appelle la libération.

Pema CHÖDRÖN, Bien-être et incertitude



posté le 20 / JANVIER / 2016 *précédent suivant*

Dernière mise-à-jour le 18 / JUIN / 2018

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