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*   Il n’y a pas de soi séparé

Quand on parle de « soi », on parle de quelque chose qui est identique et
ne change pas chaque jour. Mais rien n’est ainsi. Notre corps est impermanent, nos
émotions sont impermanentes et nos perceptions sont impermanentes. Notre colère,
notre tristesse, notre amour, notre haine sont aussi impermanents.
L’impermanence signifie que la transformation a lieu à chaque instant. C’est la
réalité. Et comme il n’y a rien qui ne change pas, comment pourrait-il y avoir un soi
permanent, un soi séparé ?
Alors, quelle est cette chose permanente que l’on puisse appeler un soi ? La
feuille de papier sur laquelle ces mots sont écrits n’a pas de moi séparé. Elle ne
peut exister que si les nuages, la forêt, le soleil, la terre, les ouvriers qui fabriquent
le papier sont présents. Si toutes ces choses n’étaient pas présentes, le papier ne
serait pas présent.
Rien ne peut exister de par soi-même. Toute chose dépend de toutes les
autres. C’est ce qu’on appelle inter-être. Etre signifie inter-être.
En regardant profondément une fleur, nous voyons que la fleur est faite
d’éléments non-fleur. Nous pouvons décrire la fleur comme étant pleine de tout.
Nous voyons le soleil, la pluie, les nuages, la terre, le temps et l’espace dans la
fleur. Une fleur, comme tout le reste, est entièrement faite d’éléments non-fleur. La
fleur est pleine de tout, à l’exception d’une chose : un soi séparé, une identité
séparée.
La fleur ne peut exister uniquement par elle-même ; La fleur doit être interêtre
avec le soleil, le nuage et tout le reste dans le cosmos. Si nous comprenons
l’être en termes d’inter-être nous sommes beaucoup plus proches de la vérité.
L’inter-être n’est pas l’être ni le non-être. Inter-être signifie être vide d’une identité
séparée, vide d’un soi séparé.

THICH NHAT HANH Il n’y a ni peur ni mort



posté le 20 / OCTOBRE / 2018 *précédent suivant*

Dernière mise-à-jour le 20 / OCTOBRE / 2018

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