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*   Le dur et le doux

L'histoire du moine zen qui se coupe un bras pour prouver sa détermination à
pratiquer et l'image du sourire délicat du Bouddha illustrent la subtile interaction à l'oeuvre
dans la pratique spirituelle. D'un côté nous disciplinons nos efforts ; de l'autre nous laissons
les choses suivre leur cours. Cette distinction est souvent source de confusion. Or, comme
nous avons tendance à penser en noir ou blanc, nous nous imaginons que la pratique doit
aller dans un sens ou dans l'autre : soit nous voyons combien la discipline est importante et
nous faisons de gros efforts ; soit nous comprenons qu'il est nécessaire de ne pas nous
saisir des choses, de ne pas essayer d'obtenir quoi que ce soit de spécial, et nous
adoucissons alors notre approche en laissant les choses être ce qu'elles sont.
L'interaction entre le dur et le doux est difficile à expliquer. Il faut en avoir une
expérience directe pour bien la comprendre. Cela revient finalement à savoir que, au coeur
même de la discipline (le choix d'être présent à chaque instant), nous pouvons, chaque fois
que l'esprit s'évade, déployer de l'espace, de la compassion et de la gentillesse envers notre
lutte intérieure, notamment dans des zones d'ombre que nous préférons éviter, comme la
confusion, l'angoisse ou le découragement. Au lieu d'être prisonnier du regard en tunnel,
sombre et étroit, que nous portons sur nous-mêmes, avec tout le poids et la lourdeur que
cela implique, nous apprenons à voir notre « fatras » personnel comme un simple
conditionnement fait de vieilles blessures et de convictions aussi profondes qu'erronées.



Ezra BAYDA Vivre le zen



posté le 03 / JUIN / 2015 *précédent suivant*

Dernière mise-à-jour le 24 / FÉVRIER / 2018

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